
Le Figaro titre : « Cours de récré “dégenrées” : les petits garçons occuperaient bien trop d’espace, selon l’“adjointe en charge des égalités de genre”. » Ce constat, qui pourrait prêter à sourire, révèle une tendance plus inquiétante : celle d’un regard de plus en plus normatif posé sur les comportements naturels des enfants. On y décrit des garçons trop bruyants, trop turbulents, occupant trop de place avec leurs jeux de ballon, tandis que les filles seraient reléguées dans un coin, plus discrètes, plus effacées.
Face à cette vision, nous, qui avons grandi dans une époque où l’on respectait davantage les élans spontanés de l’enfance, ne pouvons rester silencieux. Cette obsession d’égaliser à tout prix, jusqu’aux cours de récréation, trahit une incompréhension profonde des besoins réels des enfants et des dynamiques qui font la richesse de ces moments de liberté.
Une enfance simple et heureuse : un modèle oublié
Rappelons-nous de ce que nous avons vécu ou entendu de nos parents et grands-parents. À une époque pas si lointaine, les écoles pour garçons et les écoles pour filles existaient encore. Non pas par volonté de ségrégation, mais parce qu’on avait compris que les enfants, selon leur âge et leur sexe, grandissent et apprennent différemment.
Dans ces écoles séparées, chacun avait son espace, ses codes, ses règles du jeu. Les garçons grimpaient aux arbres, couraient après un ballon, inventaient mille histoires de cape et d’épée dans la cour. Leur énergie semblait infinie, et ces moments de liberté dans les récréations étaient essentiels pour canaliser cette vitalité une fois de retour en classe.
De l’autre côté de la rue, dans les écoles de filles, d’autres types de jeux et d’interactions prenaient forme. Les filles développaient souvent une créativité remarquable, organisant des jeux plus calmes, mais tout aussi épanouissants. Elles s’appropriaient leur espace avec leur propre style, leurs propres règles.
Était-ce une époque parfaite ? Certainement pas. Mais ces souvenirs d’une enfance simple et heureuse nous rappellent que le plus important pour un enfant est de grandir dans un environnement où il peut s’exprimer librement, selon ses besoins et ses talents. Ces moments d’insouciance sont le socle sur lequel nous bâtissons nos vies.
La crise de notre système éducatif
Aujourd’hui, le problème ne réside pas dans l’énergie débordante des garçons ou la discrétion des filles. Il réside dans un système éducatif sclérosé, dirigé par des technocrates coupés des réalités du terrain. Ces personnes, souvent bien intentionnées, multiplient les réformes sans jamais s’interroger sur leur impact réel.
Et les conséquences sont là : un mal-être croissant chez les enfants, une baisse de niveau, et des tensions inutiles dans des espaces qui devraient être synonymes de liberté et d’épanouissement. La centralisation excessive de notre Éducation nationale étouffe toute initiative locale, toute capacité d’adaptation aux besoins spécifiques des élèves.
Il est temps de réagir. Non pas en imposant davantage de contrôle, mais en redonnant de la liberté à ceux qui sont au cœur du système éducatif : les parents, les enseignants, et, bien sûr, les enfants eux-mêmes.
Des solutions pragmatiques : liberté et diversité des choix
Pour sauver notre système éducatif, nous devons d’abord accepter de le repenser en profondeur. Cela passe par une décentralisation massive. Permettons aux écoles, aux collectivités locales, et aux familles de reprendre le contrôle. Introduisons des mécanismes comme le chèque-éducation, qui ont fait leurs preuves dans des pays comme la Suède.
Ce système donnerait aux parents la possibilité de choisir l’école qui correspond le mieux aux besoins de leurs enfants. Certaines écoles pourraient expérimenter des approches pédagogiques différentes, adaptées aux spécificités des filles et des garçons. D’autres pourraient proposer des environnements mixtes, mais respectueux des rythmes naturels de chacun.
Pourquoi séparer temporairement garçons et filles ?
L’idée de séparer garçons et filles pendant une partie de leur scolarité mérite d’être explorée. Non pas pour revenir à une époque révolue, mais pour répondre aux besoins spécifiques de chaque groupe, notamment entre la 9e et la 5e, voire la 3e.
Les études montrent que les filles, souvent plus verbales et méthodiques à un jeune âge, progressent plus rapidement dans certaines matières. Les garçons, eux, ont besoin de bouger, d’explorer, de canaliser leur énergie par le jeu. Ce sont des différences naturelles, que l’on peut observer dans toutes les cours de récréation du monde.
Dans un environnement sans garçons, les filles s’approprient spontanément tout l’espace. Elles se découvrent de nouvelles libertés, développent leur assurance. De leur côté, les garçons profitent d’un environnement où ils peuvent s’exprimer pleinement, sans crainte de se heurter à des normes qui brident leur vitalité.
Et quand vient le temps de mélanger à nouveau les deux groupes, à un âge où les relations entre filles et garçons deviennent plus riches et plus complexes, les bénéfices sont évidents. Chacun a eu l’opportunité de se construire, de développer sa personnalité, avant de s’ouvrir pleinement à l’autre.
Les cours de récréation : un espace de liberté à préserver
Au-delà des considérations pédagogiques, n’oublions pas ce qu’est une cour de récréation : un espace de liberté, un moment où les enfants peuvent être pleinement eux-mêmes. Imposer des règles arbitraires sur qui peut jouer où, sur la manière dont les enfants doivent interagir, revient à dénaturer ce moment essentiel.
Les garçons ont besoin de courir, de sauter, de chahuter. Les filles aussi, si elles le souhaitent. Et parfois, elles préfèrent un jeu plus calme, plus structuré. C’est leur droit. Notre rôle n’est pas de contraindre ces choix, mais de leur offrir un cadre où chacun peut s’épanouir à sa manière.
Pour une école de la liberté
L’éducation ne doit pas être un moule, mais une rampe de lancement. Rendons à nos enfants la joie d’apprendre, de jouer, de rêver. Rendons aux parents le choix d’une école adaptée à leurs valeurs et à leurs attentes. Et n’ayons pas peur d’innover, d’expérimenter, d’explorer de nouvelles voies.
Car c’est dans cette liberté retrouvée que réside l’avenir de notre école, et plus largement, de notre société. Une école qui respecte les différences, qui encourage les talents, et qui donne à chaque enfant la chance de construire sa propre histoire.
- #Éducation
- #égalitédesgenres
- #coursderécréation
- #libertééducative
- #réformedusystème
- #enfanceheureuse
- #différencesnaturelles
À lire aussi.

17 novembre 2024
Mercosur : Quand la France défend ses rentes agricoles comme si c’était une espèce en voie de disparition

19 novembre 2024
L’État nounou et les fonds de culotte : le naufrage d’une civilisation
Lettre d'informations.
Recevez chaque semaine les décryptages de la semaine.
Garanti sans spam.